Marie-Claire – Février 2010

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C’est le 05 Janvier 2010 que les scans du magazine américain Marie-Claire sont visibles sur internet. Au programme de cette interview exclusive; sa vie de femme, son inspiration et, surprise, annonce de l’album, du single et de quelques détails croustillants concernant son prochain opus.

La Reine Christina

par Gaby Wood (Traduction et arangements: Christina News | 05/01/2010)

 

Elle a perdu son chaps et a emprunté un côté plus soft – avec un nouvel album, une tournée mondiale et son premier film, Christina Aguilera a grandi.

Christina Aguilera et son fils âgé désormais de 22 mois, Max, m’ont fait une visite guidée de leur maison de Beverly Hills qui, pendant la fête d’Halloween est bourrée de décorations. »Vert », hurle-t-il joyeusement en montrant une sombre tête fauchée qui dévoile des yeux émeraudes clignotants.

Aguilera, qui est une extravagante rockeuse sur scène (3 pistes de cirque et 10 tenues de Roberto Cavalli pour sa dernière tournée), éclipsant même Madonna, a préparé une fête, avec des liseurs de cartes de tarot, des sorcières serveuses de Punch et un « danseur sexy fou sorti d’asile » dans une cage.

Il est donc assez difficile de savoir où se finit Halloween et où commence la vraie vie.

Christina Aguilera et son mari, Jordan Bratman, ont acheté cette maison en 2007 à Ozzy Osbourne, qui était le décor à l’intérieur gothique de l’émission de télé-réalité.
Toutes les poignées de porte représentent des crucifix, la salle de bain réservée aux amis (avec un porte ornée de fer forgé doré) possède un lavabo déguisé en chaise via un trompe l’œil et la pièce à vivre centrale est noire laquée avec une table comportant des pieds en forme de griffes garnies de rose.

On prend la mesure de cette jeune femme de 28 ans qui a gagné de multiples Grammy Awards : une des plus grandes artistes de cette décennie et une des plus riches femme dans le monde du divertissement.

Si elle n’avait pas eu sa chevelure blonde piroxydée, je ne l’aurait pas reconnue. Car en plus d’être petite, elle semble timide. Elle m’a dit qu’elle a toujours été « intense et introvertie » et que, à cause de ça, elle s’est sentie comme une étrangère toute sa vie.

Sia, la chanteuse australienne qui a co-écrit plusieurs chansons du nouvel album de Christina, Bionic (qui sortira au printemps), déclare avec incrédulité que Aguilera « a pour notion totale de ne pas être cool, elle s’auto-critique durement ».

C’est 10 heures du matin. Christina Aguilera n’a jamais pensé faire une interview aussi tôt.

« Normalement, explique-t-elle, je voudrais avoir mon rouge à lèvres ». Mais sa signature aux lèvres cramoisies n’est nulle part. Elle porte un pantalon de jogging, un T-shirt L’Agence et marche comme une sorte de rêveuse maladroite. Pour échapper aux travaux domestiques matinaux, nous nous retirons dans une cabane parsemée de coussins, où les hauts-parleurs diffusent les plus belle notes de John Coltrane.

Le jour précédent, Christina a commencé les répétitions de son premier film, Burlesque, dont elle est la star avec Cher – une femme qu’elle a tellement adoré qu’un ami qu’elles ont en commun a dit à Cher que Aguilera pourrait « boire l’eau de son bain ».

Son expérience en tant qu’actrice était, selon elle « comme mon premier jour d’école ». On lui avait déjà offert des rôles musicaux dans le passé mais elle attendait car elle « ne voulait pas faire quelque chose qui lui semblait trop facile à faire. Nous avons déjà ré-écrit le caractère de mon personnage pour qu’il ait plus de cran et soit plus sévère. Mais ça vaut le détour, laissez-moi vous le dire ! C’est presque comme un camp d’entraînement ».

Aguilera n’est donc vraiment pas une flemmarde.

L’année dernière, elle a réalisé Keeps Gettin’ Better, une collection de ses 10 ans de hits et elle a enregistré Bionic. Désormais, elle a un film à tourner et à achever et une tournée mondiale. Et, ai-je déjà mentionné qu’elle avait un petit garçon de 2 ans ? « C’est vraiment important pour moi que je sois la première personne qu’il voit quand il se réveille le matin et la dernière quand il s’endort le soir ».

La vie de mère lui a appris à être plus légère dans sa musique. « J’ai eu beaucoup de mal à être dans la lumière, il y a de ça quelques années », explique-t-elle. « Je suis un peu étrange à ce sujet, ça peut paraître trop cliché. Mon premier album était vraiment cliché-pop, ce que tout le monde attendait ».
Alors que son deuxième excellent album, Stripped était « inspiré par beaucoup de douleurs » dit-elle, et son troisième, Back to Basics « avait encore une sorte de relation avec mon passé », ce nouvel album « est à propos du futur uniquement – mon fils m’a motivé à jouer et à m’amuser dans ma vie ».

Aguilera a documenté le tourment de sa propre enfance dans ses paroles – « l’enfant brisée » qu’elle a été par un père équatorien (avec qui elle a coupé les ponts) qui l’a violenté. « La musique, dit-elle, a été en grande partie une thérapie pour moi ».

Grandissant, Christina a été une prodige avec une grosse voix; la voix d’Etta James coincée dans le corps de JonBenét Ramsey – avec légèrement moins de maquillage – dont les enfants se moquaient impitoyablement, menaçaient sa mère, tailladaient les pneus de voiture de la famille (finalement la famille a du déménager). Non seulement elle avait un don incongru, mais elle a aussi apporté à la musique, elle chante avec une sorte de crève-cœur, bien au-delà de son âge.

Elle a commencé à toucher l’or de la célébrité dès son plus jeune âge comme une princesse Disney (qui peut oublier le trio de choc Christina Aguilera/Britney Spears/Justin Timberlake pendant la 6e saison de l’émission The All New Mickey Mouse Club) ? Mais ce qui est vu comme de l’énergie naturelle est en fait son professionnalisme, un très bon son et une volonté d’être première; une combinaison inhabituelle, puisque les premiers sont rarement musicalement professionnels, et les grands professionnels sont rarement aussi doués.

L’éventail des personnes avec qui elle a collaboré témoigne de cela : Alicia Keys, Missy Elliott, Lil’Kim, Diddy, Herbie Hancock, les Rolling Stones et le chanteur d’opéra Andrea Bocelli.

« Christina peut être importante dans la musique, dans n’importe quel domaine », avoue Tricky Stewart, un des producteurs de Bionic et la personne qui se cache derrière le Single Ladies de Beyoncé, et le Umbrella de Rihanna. « C’est une des plus talentueuses chanteuse de la planète ».

Sia m’a dit pendant notre conversation au téléphone qu’elle l’appelait le « Scientifique fou », car « elle est techniquement brillante, elle a brouillé mon esprit. Elle peut enregistrer une partie de la chanson 8 fois et elle peut entendre une différence dans chacune d’elles. Les personnes qui pensent qu’elle n’a pas la fibre musicale n’ont pas travaillé avec elle. L’enfant est en réalité un génie ».

Aguilera a parcouru un long chemin depuis l’époque où elle se présente comme Xtina, Dirrty (cochonne) et Stripped (dénudée). Mais elle ne regrette pas ses pas de danse avec des chaps qui ont fait grincer des dents. « Non, je pense à ce que j’ai fait et je suis très contente de l’avoir fait, dit-elle, car que je suis sorti du système. Et je pense que c’était très courageux, devant beaucoup d’esprits fermés ». »J’essaye de motiver les femmes pour qu’elles se sentent plus en phase avec leur sexualité – tout ce qu’un homme aime c’est une femme qui se sente faible à propos de ça ».

Ayant été si forte au début, elle a grandi avec cette vulnérabilité – remerciant surtout Jordan qui est clairement son soutien et est vraiment présent (en tant qu’entrepreneur, il s’occupe également du business de Christina) et également Max, désormais.

« Particulièrement dans ce business de fou, explique-t-elle, c’est très facile de commencer à construire des murs et d’avoir beaucoup d’amertume. Et c’est le seul moyen de l’être ».

Elle a entendu sa voix changer, être plus mature et avec des tons plus doux. Elle peut désormais s’en servir pour des choses « que j’aurais eu peur de faire par le passé pour me permettre d’aller dans la catégorie «chanter en douceur». Je suis bien plus vulnérable et paradoxalement plus forte à la fois ».

Elle m’entraîne dans la démonstration de cela, ce qui est émouvant et elle me prend totalement par surprise; pendant que la nounou donne à Max son déjeuner, Jordan et Christina m’emmènent dans le studio situé en dessous de la maison. Il y a une pièce avec un lit queen-size, une salle de bain et tout ça avec un éclairage tamisé. Des bols de Ricola sont présents sur une table à côté de 3 sortes de hauts-parleurs: un pour les sons Hip-hop, un pour les ballades et un pour n’importe lesquels. Christina Agulera s’assoit sur un sofa de cuir blanc et sort le dernier mixage de Bionic d’un range-CDs, « Vous allez entendre des choses encore assez brutes, me prévient-elle en tendant le CD à Jordan. Monte le son, un peu bébé ».

Elle me fait écouter 5 chansons. 2 d’entre elles sont, comme elle les appelle des « fun songs »‘: Glam, un titre pop, agrémenté de sons Hip-hop qui rappelle le titre Vogue de Madonna, qui pourrait devenir le premier single et Bionic, un titre électro addictif.

Elle passe ensuite à 3 ballades magnifiques, co-écrites avec Sia. Lorsque nous les écoutons, elle se recroqueville dans le sofa avec un de ses chiens, tire sur les manches de son pullover gris trop grand pour elle jusqu’au bout de ses doigts pour plus de confort et ferme les yeux. Lullaby, une chanson qu’elle a écrite pour Max, remplit entièrement la pièce – sa voix chaude à peine soutenue par de rares accompagnements. C’est une expérience ‘enveloppante’ étrange et quand Christina rouvre les yeux après la lecture de la chanson, elle sourit doucement. Parce que, je suis embarrassée mais ravie de le dire, mes yeux étaient pleins de larmes.